Chapitre III : Clothilde, l’infirmière 

Le souper se passa calmement au grand dam de John. Il aurait voulu que Tom et lui parlent du bar de ses parents. Qu’allait faire Tom pour les aider à sortir de ce pétrin?

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De son côté, Tom avait passé un terrible moment, la nourriture n’était pas bonne, son poulet parmesan s’était avéré cru et le serveur lui avait renversé un verre de vin dessus maculant sa chemise crème du liquide pourpre. John n’avait pas été dérangé et semblait vouloir parler. Tom savait très bien de quel sujet voulait aborder John, mais il en était hors de question. Sa décision avait été prise la veille et il ne voulait en aucun cas les aider, pas parce qu’ils étaient méchants, au contraire. Ils voulaient le soudoyer, ce n’étaient pas ses parents, juste les parents de personnes qu’il avait connues autrefois. 

Dans d’autres circonstances, Tom les aurait bien aidés, ce n’était pas dans sa nature d’être égoïste, cependant, la manière dont Polart et Vérone demandaient de l’aide le répugnait au plus haut point.

– Ce fut un terrible repas, John.

– M-m-mais pourquoi ?

– Est-ce que tu es sérieux?, demanda Tom d’un ton dédaigneux. J’ai eu du vin sur ma chemise, mon poulet m’est arrivé cru et par-dessus tout, tu veux qu’on aborde le sujet du bar alors que je ne le veux pas. Je ne veux pas vous aider, d’accord? Débrouillez-vous ! Je pense qu’au fil des ans, nos chemin se sont de plus en plus séparés, vos valeurs ne sont pas les mêmes que les miennes. Alors, je voudrais qu’on arrête ou plutôt que tu arrêtes, tu es toujours là à me coller et je ne le supporte plus. Alors je te dis au revoir, John.

Tom se leva et se dirigea vers la caisse. Il paya, puis quitta le restaurant. 

John resta là, sur son siège, abasourdi. Il avait échoué, Tom ne voulait pas les aider. Il avait supposé que sa générosité surmonterait tous les coups bas que sa famille lui avait faits, mais apparemment, non.

De plus, il devait payer sa part du restaurant. Heureusement, il avait amené assez d’argent, toutefois il aurait aimé que Tom paie pour lui.  

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En rentrant chez lui, Tom alla directement à la douche. C’était un moment qu’il appréciait où ses muscles étaient aussi détendus que son esprit.

Il sortit de la douche et mit son pyjama orné de mignons petits oursons. C’était un cadeau de ses parents pour son anniversaire.

Le lendemain, il sortit de chez lui en costume pret pour le travail, mais avant cela, il ouvrit sa boîte aux lettres. Elle contenait de nombreuses publicités et également une lettre qu’il ouvrit immédiatement.

Cher Tom,

J’ai réussi ! Je suis embauchée chez toi ! Je commence lundi matin. Je serai infirmière dans le bloc pédiatrique de l’hôpital. 

Bien à toi

Clothilde

Tom roula des yeux. Comment Clothilde avait réussi à embobiner les personnes qui s’occupaient de recruter de nouveaux employés, il n’en avait aucune idée, heureusement, il n’allait pas devoir travailler chaque jour auprès de Clothilde, car lui travaillait en tant que chirurgien en cardiologie et Clothilde n’allait qu’être infirmerie attitrée aux soins pédiatriques. 

Le lundi matin, Tom se leva avec un mal de crâne atroce. C’était la première journée de Clothilde dans son hôpital. Il avait déjà prévu un Tylenol pour sa journée. 

Rendu à l’hôpital, Tom sortit de sa voiture, mais ce fut avec surprise qu’il découvrit Clothilde sur le pas de la porte avec un bouquet de colchiques.

Tom sourit. Il se doutait que Clothilde n’avait pas cherché la signification des fleurs. Ce n’était pas lui qui allait le lui dire, quand même.

– Oh, Tom. J’avais tellement hâte de te voir. 

– Clothilde. Je crois que ton quart de travail a déjà commencé, je te prierais de bien vouloir te pousser ainsi que de commencer ton travail. Pour une première journée, cela ne fait pas très professionnel de ta part. 

Tom ne lança aucun regard vers Clothilde et il continua son avancée vers l’entrée de l’immeuble.

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Tom souffla quand il eut atteint son bureau. Il détestait Clothilde, pourquoi fallait-il qu’elle ait postulé dans son hôpital?

Aujourd’hui, c’était jour de consultations. Il opérait le mercredi et le dimanche, alors que les autres jours étaient dédiés soient à ses consultations, rendez-vous avant l’opération ou post-opération, soient à de simples rendez-vous annuels de ses patients. 

Tom adorait son métier. Même s’il avait fait plus de dix ans d’études pour l’exercer, jamais au monde, il n’en changerait. 

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Clothilde était furieuse. Comment Tom avait-il pu lui parler sur ce ton? Elle était quand même la sœur d’un de ses meilleurs amis.

– Mademoiselle Finn, votre retard inacceptable entraînera de graves conséquences si cela se reproduit, suis-je claire ?

– Oui madame, fit Clothilde tout de même surprise, c’était son premier jour et on osait lui faire des menaces. 

– Je suis Christine Langlois, je vous prierais de m’appeler Docteure Langlois. Je serai également la personne qui vous aidera cette semaine pour bien vous intégrer parmi nous. Je n’ai aucun doute que vous travaillerez de manière efficace, n’est-ce pas ?, demanda Docteure Langlois, les yeux bien ancrés dans ceux de Clothilde. 

– Oui madame, euh… pardon oui Docteure, se rattrapa Clothilde sous les yeux insistants de Langlois. 

– Bien, maintenant, suivez-moi, je vais vous montrer les bureaux ainsi que le matériel dont vous aurez besoin. 

Clothilde suivit bien docilement Langlois dans le labyrinthe de couloirs. 

L’hôpital était bien organisé malgré tout. La peinture sur les murs indiquait le bloc dans lequel on se trouvait. Le jaune était pour le bloc pédiatrique. 

– Alors, voici les bureaux où vous allez recevoir chaque patient, le matériel se trouve dans les armoires, s’il vous en manque, demandez au personnel et on ira en chercher. Pour vos affaires personnelles, vous pouvez les mettre dans les casiers qui sont près de la porte de service. 

– Merci, Docteure.

Langlois quitta le bureau et Clothilde en profita pour s’asseoir dans le fauteuil qui avait l’air tout à fait confortable.

À suivre…