Comment avez-vous trouvé votre année 2021 ? De mon côté, je suis mitigé. Sur le plan personnel, cette année restera gravée dans ma mémoire avec la naissance de ma petite fille. La vie m’a offert le plus beau des cadeaux, donc je n’ai pas à me plaindre. En revanche, lorsque je prends un pas de recul et que je sors de ma bulle, je constate que notre société est mal en point. Les arcs-en-ciel et les « ça va bien aller » qui arboraient nos fenêtres en mars 2020 semblent bien loin de la réalité du moment. L’année 2021 était pour plusieurs d’entre nous synonyme d’espoir et de libération. La « vie normale » devait reprendre ses droits, les mesures sanitaires disparaîtraient et l’arrivée des vaccins semblait être le dernier coup de masse pour se débarrasser de la COVID-19.


Pour ceux et celles qui connaissent le jeu Serpents et échelles, j’ai l’impression que depuis le 16 décembre, nous sommes tombés sur la case qu’il ne fallait pas. En un ou deux coups de dés, la partie pourrait se terminer, à condition d’esquiver le foutu serpent qui nous ramènerait non loin du départ. Bien que je sois conscient que ce n’est pas un retour complet au printemps 2020, je dois admettre que la venue du variant Omicron est une douche froide collective. On nous mentionne que les semaines à venir seront pénibles…hourra ! On aura beau nous dire que nous devrons encore fournir des efforts, que nous gagnerons bientôt la bataille et le reste, et le reste, il est difficile de voir la lumière au bout du tunnel. Pour faire allusion à nouveau au jeu Serpents et échelles, nous sommes bien contents d’avoir attrapé quelques petites échelles au passage. Cela nous donne espoir d’arriver plus rapidement vers la fin et de gagner la partie. Mais quand tu viens de « pogner » ce long serpent qui te recule, tu ne penses qu’à cela et tu as le goût d’abdiquer. C’est de cette façon que je me sens face à la situation actuelle et je suis persuadé ne pas être le seul.


La portion « Covid-19 » de mon texte s’arrête ici. Je veux également m’attaquer aux répercussions de celle-ci et sur la lumière qu’elle a mise sur nos failles déjà existantes. Si vous suivez l’actualité comme moi, vous avez constaté que plusieurs enjeux de société sont préoccupants. Entre le sort qui est réservé aux personnes âgées en CHSLD, nos jeunes qui se déchirent dans la rue, la crise immobilière ou du logement, le coût de la vie qui augmente significativement, la pénurie de main-d’œuvre généralisée, la fragilité de nos services publics et privés, les changements climatiques et la violence à l’endroit des femmes, je ne sais pas trop par où commencer pour déterminer quel « chantier » est prioritaire à travailler. Toutes ces problématiques démontrent les ravages que la COVID-19 a pu engendrer, mais également des choix de société qui nous ont rattrapés. J’insiste sur ce dernier point, car nous avons cette fâcheuse habitude de blâmer uniquement le gouvernement pour l’ensemble de nos échecs. Évidemment que des morceaux de la tarte du blâme reviennent à nos dirigeants qui, à mon humble avis, manquent souvent de vision et de réels projets de société. Ce n’est certainement pas les deux dernières campagnes électorales (fédérale et municipale) qui viendront me contredire sur ces points et j’anticipe que ce ne sera guère mieux aux prochaines élections provinciales dans moins d’un an.


En revanche, sommes-nous capables de nous regarder un peu dans le miroir comme société ? Depuis le début de la pandémie, on s’indigne face aux problématiques que j’ai énumérées plus haut. Pourtant, certains de ces enjeux sont documentés depuis plusieurs années et peu de gens criaient aux scandales. Je ne tiens pas à nous culpabiliser en tant que société, mais entre discuter de nos indignations entre amis ou collègues et faire des gestes concrets, il y a deux mondes. Combien d’entre nous seraient prêt à héberger un parent plutôt que de le placer en CHSLD ? Seriez-vous prêt à investir dans le logement social plutôt que dans une énième tour à condos ? Avez-vous déjà fait du bénévolat auprès de personnes âgées, dans des organismes pour aider les jeunes ou les femmes victimes de violence ? Est-ce que vous vous êtes déjà demandé pourquoi un croupier au casino ou une caissière de la SAQ étaient mieux rémunérés qu’une préposée aux bénéficiaires ou une éducatrice en garderie ? Seriez-vous prêt à restreindre le nombre de fois où vous allez voyager dans votre vie ? À prendre le transport en commun une fois par semaine ? J’ai encore plusieurs questions en tête, mais je crois que vous comprenez où je veux en venir. Oui, nos gouvernements doivent démontrer du « leadership » à travers des projets qui transformeront le futur. Or, nous avons également une part de responsabilité comme citoyen à revoir certaines de nos habitudes et à contribuer davantage à l’amélioration de notre société.


Ma comparaison entre l’année 2021 et une partie de Serpents et échelles est personnelle, mais autant j’avais l’impression qu’au Québec, nous avancions en tant que société, autant j’ai l’impression que nous avons reculé énormément cette année. Peut-être, que j’étais trop naïf auparavant ou que je suis trop négatif en ce moment, mais plusieurs de ces enjeux me préoccupe présentement, mais aussi pour l’avenir. Cela ne veut pas dire de viser la perfection dans tout, car ce serait utopique et il n’y a malheureusement pas de solution à tout. Toutefois, sans porter de lunettes roses, il y a plusieurs choses qui peuvent changer et assez rapidement. Tout est une question de priorité et de choix, tant chez nos dirigeants, que chez les citoyens.


En terminant, qu’est-ce que je pourrais nous souhaiter pour 2022 ? Je dois avouer que je ne sais pas trop. Je pourrais vous dire de la santé et de réaliser vos projets, mais c’est une cassette que l’on se répète chaque année. En fait, je nous souhaite simplement une meilleure année collectivement que celle qui vient de se terminer. Un peu plus d’amour envers l’humain, d’empathie, de cohésion sociale et d’altruisme. J’espère également que 2022 nous permettra de ne plus nous faire de faux espoirs face à la COVID-19 et à ses mutations.


Bonne année 2022 à tous et à toutes et joyeuses fêtes