Introduction: 

Depuis près de huit siècles, un peuple de navigateurs polynésiens a colonisé une ile au milieu de l’océan Pacifique. Cette ile, aussi connue sous le nom de l’ile de Pâques et de Râpa Nui, regorge encore aujourd’hui de nombreuses énigmes que plusieurs archéologues et historiens tentent de percer depuis des dizaines d’années.


En effet, de nombreuses recherches ont été faites dans l’espoir de comprendre un jour pourquoi il y a près de 900 statues gigantesques sur l’ile, mais aussi comment elles avaient été construites et qui avait fabriqué ces chefs-d’œuvre… Dans ce texte, je vous exposerai plusieurs hypothèses ayant pour but d’enfin élucider les questions les plus insondables concernant l’ile de Pâques. 


Informations générales:

L’ile de Pâques, un petit morceau de terre d’à peine 160 kilomètres carrés au paysage sans équivalence sur la planète, est une ile volcanique appartenant au Chili depuis 1888. 


Elle tient son nom du navigateur hollandais Jakob Roggeveen qui avait découvert l’ile lors du dimanche de Pâques en 1722.


Le peuple de Râpa Nui serait, selon une étude, parti des iles Marquises (voir: le peuple de Râpa Nui et ses mystères). Ces iles étaient situées à plus de 3 200 kilomètres de l’ile de Pâques et, pour se rendre à leur destination finale, les navigateurs seraient passés par d’autres iles.


Plusieurs hypothèses ont été émises pour essayer de comprendre quand le groupe polynésien était arrivé sur l’ile. En effet, selon la thèse d’une longue chronologie, le premier peuplement daterait de 400 ou 800 après notre ère. D’un autre côté, une chronologie courte démonterait qu’il serait arrivé en 1200. 


Des mesures au radiocarbone – carbone 14 -, qui servent à obtenir la datation d’un objet ou autre, ont été faites à plusieurs reprises, notamment en 1950 – dix ans après que la technique ait été créée – et en 2006. Les deux résultats étaient différents: en 1950, on disait que c’était vers 400 et en 2006, vers 1200 après Jésus-Christ. Pour la majorité des chercheurs, ce serait plus vers 1200, car des pollutions auraient modifié les mesures antérieures, impliquant alors, un vieillissement des résultats. 


Selon Jared Diamond, entre le XVle et le XVlle siècle, l’ile aurait pu abriter de 10 000 à 15 000 habitants. Cependant, selon Daniel Taruno, «Il semble impossible qu’une société néolithique qui ne connaissait pas la roue et n’élevait pas de bêtes ait pu développer la productivité agricole au point de nourrir 15 000 êtres humains sur 165 km 2 (…) ». En 2017, le nombre d’habitants, environ 76 % étant des descendants du premier peuplement, s’élevait à 7 750.


L’ile est surtout connue pour ses statues mystérieuses, appelées moaïs, qui peuvent parfois peser plusieurs dizaines de tonnes et mesurer plusieurs mètres (quatre en moyenne) et qui reposaient sur des plateformes cérémoniales (ahus).


Au XVle siècle, un tapu – un interdit inviolable et sacré en quelque sorte – fut jeté sur les statues qui ont été abattues par la même occasion, révélant alors un changement dans le culte. Il y a, évidemment, plusieurs hypothèses qui tentent aujourd’hui d’expliquer pourquoi il y aurait eu ce changement: tsunamis et tremblements de terre, sécheresse et désertification, crise sociale et révolte contre les élites, etc.


Bref, lorsque les tout premiers explorateurs ont découvert l’ile, ils ont trouvé les statues renversées et ont pensé que c’était un indice important pour confirmer la thèse d’une guerre civile. 


Ils ont également conclu que, comme les statues étaient couchées au sol et qu’elles étaient en bon état, c’était seulement dû à un changement de religion et non à une destruction intentionnelle… 


Le peuple de Râpa Nui et ses mystères:

L’origine du premier peuplement, celui des Râpa Nui, est très contestée chez les archéologues et les historiens, mais ce dont ils sont certains, c’est qu’ils venaient de Polynésie.


 En effet, ils savent que les rats ont été introduits sur l’ile depuis les iles australes, que le mûrier à papier, présent sur l’ile, provenait des iles Marquises et que la langue se rapprochant le plus à celle des Râpa Nui était celle parlée à Mangareva. Alors, d’où venaient-ils exactement?


C’est encore un mystère aujourd’hui…


Une question se pose toutefois: Comment les Rapa Nui, ce peuple de navigateurs, a-t-il fait pour découvrir ce petit bout de terre au beau milieu de l’océan Pacifique? 


Selon Nicolas Cauwe, un docteur en archéologie au musée d’art et d’histoire de Bruxelles, même si le peuple ne savait pas avec précision où se trouvait l’ile, il devait être constitué de grands explorateurs pour avoir su les trouver, même si le hasard y était un peu pour quelque chose…


Les ahus:

L’ile de Pâques contenait – et contient toujours – environ 300 ahus, situés surtout sur le bord de l’ile. Ces structures monumentales ressemblent à première vue à des ruines, mais en fait, elles avaient un rôle extrêmement important dans la culture des Râpa Nui, car sous ces pierres se cachaient des hôtels cérémonieux. 


En effet, les moaïs représentaient des personnes importantes dans leur culture et leur histoire. La raison pour laquelle les statues étaient, pour la majorité, au bord de l’ile, est que ça représentait probablement la frontière entre la vie (représentée par l’ile) et la mort (ne représente pas la mer). 


Il y a différentes sortes de ahus, mais les plus connus sont les ahus moaï qui soutiennent les fameuses statues. 


Afin de supporter ces molosses, il fallait construire les ahus méticuleusement.


En bref, les Râpa Nui devaient creuser un trou en diagonale et mettre des pierres, taillées ou pas, sur le côté du mur le plus haut. On faisait cela, parce que toute la structure dépendait de ce mur. Par la suite, on mettait d’autres pierres parallèlement au mur, on ajoutait de la terre et des végétaux, des galets et dalles entre les deux murs. Il ne restait plus qu’à y déposer les moaïs.


Aujourd’hui, la plupart des moaïs sont couchés au sol, mais certains ont été redressés pour montrer au public le paysage de jadis. 


Les moaïs:

Beaucoup pensent que les moaïs sont seulement des statues qui représentent des têtes, parce que les photos de l’ile les représentent ainsi. Pourtant, les statues sont entières, à la différence qu’elles sont enfouies sous terre.


En effet, si on prend par exemple les moaïs situés sur les flancs du volcan où les Râpa Nui puisaient la roche, le volcan Rano Raraku, la majorité des statues étaient enterrées. 


D’après Lili González Nualart, c’était complètement volontaire de les enterrer… Pourquoi? Pour les conserver? Ceci reste encore aujourd’hui un mystère très contesté… 


La roche choisie par les Râpa Nui était parfaitement adaptée pour la grande taille des monuments historiques. En effet, les tufs d’un volcan sont formés quand une grande quantité de matière comme les cendres et les morceaux de pierre s’agrègent. Ensuite, ils se refroidissent et se consolident pour créer cette roche si facile à travailler.


La plupart des archéologues pensent que les statues étaient construites sur le site en entièreté, à même la roche. D’après les spécialistes, une fois la face avant complètement taillée, il ne restait plus qu’à tailler le reste de la roche grossièrement pour développer la forme de la statue. Par la suite, il fallait la faire glisser dans un fossé précreusé pour la remettre sur pied. 


À partir de là, ils devaient la déplacer sans la briser jusqu’à l’endroit où ils voulaient la mettre. La distance pouvait parfois atteindre des kilomètres… 


Afin de mieux comprendre comment ils déplaçaient les gigantesques statues sans outils aussi efficaces que ceux de nos jours, plusieurs chercheurs ont essayé différentes techniques. Par exemple, ils ont attaché des cordes autour de la tête d’une statue et ont tiré chacun de leur côté en avançant. De plus, ils ont essayé de faire rouler les statues avec des rondins de bois en les alternant. Ces deux techniques fonctionnent, mais présentent toutes les deux une limite de poids… De plus, déplacer d’aussi grosses masses en position verticale sur un terrain plat et compact est extrêmement difficile. Si, comme sur l’ile de Pâques, on doit le faire en montant et descendant constamment des collines, c’est presque impossible… 


Bien sûr, d’autres techniques ont été essayées sur des terrains ressemblant plus à ceux de l’ile, mais cette fois, la réplique était à l’horizontale. Par exemple, il y avait un système de levier en bois qui faisait basculer puis avancer la statue attachée par des cordes, un autre permettait de positionner la statue sur un cadre en bois en forme de V puis de la faire avancer sur un système de traîneaux tracté sur des rails en rondins de bois. Bref, plusieurs expérimentations ont été faites dans l’espoir de trouver exactement quelle méthode était celle que les Râpa Nui utilisaient, en vain. 


Plusieurs autres mystères concernant les moaïs de l’ile de Pâques sont encore aujourd’hui discutés chez les chercheurs. 


Conclusion:

« J’ignore si ce mystère, qui en est encore un pour moi, s’éclaircira dans la suite aux yeux des lecteurs. »

Jean-Jacques Rousseau 

Les Confessions, ABU, la Bibliothèque universelle


Comme Jean-Jacques Rousseau l’a si bien exprimé, le mystère de l’ile de Pâques regorge de nombreuses questions auxquelles personne ne peut répondre pour le moment, malgré les nombreuses recherches effectuées depuis des décennies et la technologie qui est en constante évolution. 


J’espère toutefois que, grâce à cet article, vous en aurez appris plus sur tout ce qui rend l’ile de Pâques un sujet si passionnant et énigmatique et que votre curiosité aura été assouvie. 


Alice Fortin

Élève du collège d’Anjou

Première secondaire