C’est peut-être un cliché, « ne pas perdre espoir en soi », mais combien de personnes peuvent prétende que cela ne leur est jamais arrivé ? Nous traversons tous des moments plus difficiles au cours de notre vie où nous perdons confiance en nos moyens, où l’on met une pause sur nos rêves, où l’on se remet en question ou encore, nous croyons que notre destin n’a qu’un chemin envisageable. Dans le cadre de la semaine de la persévérance scolaire, j’ai décidé de m’ouvrir un peu sur ma vie et de vous raconter mon histoire. À mon humble avis, je ne suis pas un spécialiste dans beaucoup de domaines, mais si je peux vous transmettre une leçon dans la vie, c’est de persévérer ! Vous serez toujours gagnant ou gagnante de posséder cette qualité dans votre coffre d’outils. À toi, cher élève qui lira ce texte, j’espère que cela te donnera la motivation de ne jamais perdre espoir en toi !


Puisque nous abordons la semaine de la persévérance scolaire, laisse-moi te raconter ma première épreuve à l’école. Lorsque j’étais en maternelle à l’école Victor-Lavigne, nous devions faire une carte d’anniversaire pour un proche. C’était un peu avant la relâche de mars 1994 et puisque la fête de mon père est le 8 de ce mois, j’avais décidé de lui préparer une petite carte qui a probablement terminée ses jours dans le fond d’un bac à recyclage ou à la poubelle carrément, on est en 1994 ! Bref, je n’étais pas « monsieur dextérité » et j’avais beaucoup de difficultés à découper à cette époque, mais j’étais fier de mon travail. Je ne me souviens pas du contexte exact, mais à la suite de ce simple projet, j’avais été convoqué à un rendez-vous par l’orthopédagogue, accompagné de ma mère. Je n’ai plus trop de souvenirs non plus de ce qui s’est passé ou s’est dit exactement durant cette rencontre, mais je me souviens que ma mère en était sortie les larmes aux yeux.


En gros, l’orthopédagogue avait mentionné à ma mère que j’aurais beaucoup de difficultés au niveau scolaire et que mon parcours serait parsemé d’obstacles. Elle n’avait pas complètement tort. Cependant, il faut avouer que c’était un peu jeune pour déterminer mon avenir scolaire. Heureusement, mon parcours d’étudiant du primaire s’est quand même bien terminé. J’ai fait quelques sessions en orthopédagogie en première et deuxième année, ce qui m’a permis d’améliorer quelques difficultés et de terminer mon primaire, sans toutefois rien casser au niveau de mes notes.


Arrive ensuite le secondaire, à St-Ex, pour les intimes. Ce n’est pas facile la transition du primaire au secondaire. Je n’avais pas beaucoup d’amis du primaire et je n’aimais pas particulièrement l’école, rien pour me sentir confortable lors de cette première journée. J’avais tenté ma chance à l’examen d’admission pour le Programme d’études international (PEI) à Henri-Bourrassa, mais si vous avez bien suivi mon texte jusqu’à présent, vous pouvez deviner que j’ai échoué lamentablement cet examen.  Moi qui adorais faire du sport, j’avais également fait une croix à mon grand désarroi sur le programme Sports-études à St-Ex, car je n’avais pas la moyenne requise. Un début au secondaire ponctué de succès comme on dit !


J’ai réussi à bien m’intégrer, mais au niveau académique ce fût très difficile. J’avais de la difficulté en mathématiques et j’ai failli échouer le cours en secondaire 1. Heureusement, je m’étais fait plusieurs amis grâce à notre intérêt commun, le hockey et cela m’a permis de passer à travers cette première année. Me voilà en secondaire 2. J’ai maintenant des amis et je suis reconnu pour faire le « clown » en classe par mes pairs. De mon côté, cela m’arrange. Je fais rire beaucoup de gens, les filles s’intéressent à mon côté comique et j’ai du plaisir à « niaiser » en classe. J’aimais bien ma deuxième année du secondaire jusqu’à ce que je rencontre mon directeur de niveau vers la fin de l’année scolaire. Ce dernier m’a annoncé que compte tenu de mes trois échecs dans des cours primordiaux, j’allais devoir redoubler et recommencer ma deuxième année du secondaire l’an prochain… « Outch » !


Ce fût mon premier réel échec dans ma vie et il a fait très mal. J’avais perdu toute motivation pour l’école, mais je n’avais personne d’autre à blâmer à part moi ! Mes priorités n’étaient clairement pas au bon endroit. Cette claque au visage que je m’étais moi-même donnée m’a servi de leçon pour le reste de mon secondaire. J’ai bien réussi mes autres années dans l’ensemble, mais la seule chose qui m’a permis de continuer et de ne pas devenir un décrocheur est ma persévérance. Comme je l’ai mentionné, je n’aimais pas l’école à cette époque. J’ai persévéré non seulement pour me prouver que je pouvais réussir, mais parce que je ne voulais plus jamais revivre le sentiment d’avoir échoué par mes mauvais choix.


Le secondaire est maintenant derrière moi. Le Cégep ne m’intéresse pas, pas plus que les programmes d’études professionnelles. La vérité, c’est qu’à ce moment de ma vie, je me cherchais encore et je n’étais aucunement assez mature pour débuter des études postsecondaires. Ce qui fait que je me suis retrouvé sur le marché du travail. Pendant près de trois ans, j’ai occupé des emplois au restaurant Benny, au Léon juste en face du Collège et dans des compagnies d’entretien ménager. Ce qui est bien avec le marché du travail, c’est que tu apprends à te connaître dans un sens, tu développes tes compétences, mais surtout tu cernes assez rapidement ce que tu veux et ce que tu ne veux pas comme condition de travail.


Mon aventure me mènera à quitter le marché du travail pour entreprendre un diplôme d’études professionnelles dans le cours de briquetage-maçonnerie en 2010. Moi, qui n’avait jamais été « monsieur bricole », j’avais choisi en quelques sortes cette spécialisation, car elle n’était pas contingentée et que la maçonnerie est un domaine payant. Ah, j’oubliais ! Je n’avais pas réussi à entrer dans le programme en charpenterie-menuiserie, voilà l’autre raison et un autre échec à mon palmarès scolaire. Bien que je ne me sois jamais réellement vu exercer la profession de briqueteur toute ma vie, j’ai tout de même obtenu mon « D.E.P ». J’ai appris beaucoup de cette expérience qui ne m’aura jamais mené sur un chantier de construction finalement. Après quelques tentatives de me trouver un emploi en maçonnerie sans succès, je retourne à la case départ, c’est-à-dire le marché du travail. Je suis embauché au magasin de meubles Brick au Marché Central. Bien que j’adore mes collègues et que j’aime également le travail, je ne me sens pas au bon endroit. J’ai vécu plusieurs expériences et je me sens prêt pour un réel retour aux études.


Je me souviens du matin où j’ai ouvert mon livre des techniques offertes à travers les différents Cégep qu’on m’avait donné lorsque j’étais au secondaire. J’avais entouré la technique en éducation spécialisée. Je trouvais que d’aider les gens de tous âges, d’une quelconque façon serait un travail que je voudrais faire, car j’en retirerais de la gratitude. Environ six ans se sont écoulées entre la fin de mon secondaire et mon début au Cégep Marie-Victorin à l’automne 2012. Après huit sessions parsemées de hauts et de bas, 23 cours de formation spécifique, 15 cours de formation générale et deux stages, j’obtiens mon diplôme d’études collégiales au printemps 2016 à l’âge de 27 ans.


Mon retour aux études est l’une de mes plus grandes réussites de ma vie. J’en suis extrêmement fier. C’est probablement le meilleur choix que j’ai pu prendre. J’ai omis de vous décrire en long et en large toutes les subtilités de mon périple scolaire pour m’en tenir à l’essentiel, car mon texte est déjà long ! Cependant, ce qui m’a accompagné tout le long de mon parcours scolaire, c’est la persévérance. Cette qualité, qu’on associe trop souvent lorsqu’il faut se retrousser les manches, devrait être davantage utilisée dans les bons moments également parce que nous devons constamment démontrer de la persévérance dans plusieurs sphères de notre vie. Mon parcours scolaire en est un parmi des milliers d’autres et n’a rien d’exceptionnel en soi.


Enfin, ce que je voudrais surtout que vous reteniez, c’est que lorsque vous persévérez dans votre vie, vous allez récolter les fruits de vos efforts. Cela ne veut pas dire que vous n’aurez pas d’échecs ou d’obstacles à surmonter, mais que vous serez outillé pour faire face à ceux-ci. Donc, à toi cher étudiant et chère étudiante du Collège d’Anjou, donne-toi la chance de te tromper, d’échouer, de prendre le mauvais choix, de ne pas suivre toujours « le moule », mais surtout, ne perd jamais espoir en toi, en tes capacités et en tes ambitions. Persévère dans tout ce que tu entreprendras et garde la tête haute !


Bonne semaine de la persévérance scolaire,

Yannick Primeau-Nantel