Suis-je le seul à trouver que la vie passe tellement vite ? Sûrement pas ! Il y a de cela 15 ans déjà, j’ai perdu mes deux grands-pères au cours de la même année, à cinq mois d’intervalle. C’était en 2006. C’est la première fois que je vais leur rendre hommage et je dois vous dire que je suis beaucoup plus serein, que triste de pondre ce texte. C’est dans cet élan de nostalgie que je vais vous présenter mes deux grands-pères.


Tout d’abord, je ne sais pas pour vous, mais pour moi, est-ce qu’il y a un rôle plus bienveillant que celui de grand-parent ? Bien sûr, ce n’est pas toujours le cas, mais règle générale, il est difficile de trouver des défauts à nos grands-parents comparativement à nos parents disons. Mes grands-pères ne font pas exception à la règle. Deux hommes qui certes, n’étaient pas parfaits, mais qui ont comblé leur rôle à la perfection ! Je me souviens de deux hommes remplis de générosité, de gentillesse, d’écoute et que je qualifie de bons vivants.


Mon grand-père du côté de ma mère s’appelait Léo Nantel. Un homme qui a travaillé dur toute sa vie à l’usine de biscuits David. Je me souviens de lui comme étant très calme et serviable. Chaque fois que j’allais chez lui, il prenait soin de m’offrir un verre de coke avec des « chips ». Je me souviens également de nos fameuses poignées de main lorsque je quittais son appartement. Mon grand-père n’était ni grand, ni costaud, mais je peux vous dire qu’il avait toute une poignée de main pour son âge ! Bien sûr, j’étais jeune et mon objectif était de pouvoir lui serrer la pince plus fort que lui. Je me souviens y être parvenu pour la première autour de mes 13-14 ans, donc il était solide mon grand-père. J’ai également souvenir de ses chemises de type « hawaïennes » remplis de couleurs. Pour une raison que j’ignore encore, je les trouvais très belles ! Lorsqu’il est décédé, je me souviens que ma mère m’avait rapporté l’une de ses fameuses chemises. Je l’ai porté jusqu’à ce qu’elle soit devenue trop serrée pour moi.


J’ai également plusieurs souvenirs avec de lui m’accompagnant à La Ronde avec ma grand-mère et ma mère lorsqu’il avait encore l’énergie de le faire. À l’époque, c’était possible de prendre seulement un billet « d’entrée sur le site ». Ça ne coûtait vraiment pas cher et tu avais droit de faire deux manèges : le mini rail et la Pitoune. De grosses sensations fortes ! Bref, c’était parfait pour mon grand-père. Je me souviens qu’il avait embarqué dans la Pitoune avec un chapeau blanc et il s’était entêté à ne pas l’enlever malgré la recommandation de ma mère et ma grand-mère de le faire. Eh bien, son chapeau a fini dans le fond du lac artificiel qui entourait ce manège, car il s’est envolé de sa tête en début de trajet. Je me souviens avoir rigolé énormément, car son obstination lui a coûté son chapeau.


Enfin, je me souviens particulièrement de son 60ième anniversaire de mariage avec ma grand-mère, quelques années avant son décès. Ce fût une soirée mémorable et beaucoup de gens s’étaient déplacés pour assister à ce grand événement. J’ai une photo de ce moment avec ma famille rapprochée sur mon bureau que je regarde au moins à chaque semaine pour me remémorer cette soirée. Je ne suis pas surpris d’avoir vu autant de monde être présent pour lui témoigner leur amour. C’était un homme de famille, respectueux, aimable, serviable et généreux qui avait un bon sens de l’humour. Je m’ennuie énormément de lui et j’aurais souhaité être plus présent dans les dernières années de sa vie. J’espère qu’il se plaît où il est en ce moment et qu’il passe de bons moments avec ma grand-mère en veillant sur nous. Je t’aime grand-papa.


Du côté paternel, mon grand-père s’appelait Maurice Primeau. Un homme qui a également travaillé fort une bonne partie de sa vie dans différents domaines. J’ai tellement de bons souvenirs avec lui. C’est la première personne significative dans ma vie qui est décédée et je me souviens que j’avais fondu en larmes lors de ses funérailles. Ce fût extrêmement difficile pour moi. C’est ma mère qui m’a annoncé la nouvelle de son décès, le matin avant d’aller à l’école. Je me souviens que c’était pendant les jeux olympiques d’hiver à Turin. Ma mère m’avait donné le choix d’aller à l’école ou non. J’avais choisi d’y aller, car je ne réalisais pas encore l’ampleur de ma perte, un peu comme si j’étais dans le déni. J’avais réussi à rester de glace toute la semaine, mais lors des funérailles j’ai craqué.


Mon grand-père Maurice, que j’appelais affectueusement « grand-papa bateau », car il avait un bateau. J’ai fait plusieurs périples avec lui dans son bateau, seulement nous deux. Nous partions deux ou trois jours en passant les frontières maritimes pour les États-Unis. Il était d’une grande générosité avec moi. Avant de partir en bateau, il savait que j’adorais manger des crevettes et du steak, donc il achetait de grosses crevettes cocktails et des steaks « T-Bone ». Bien sûr je n’abusais jamais de sa gentillesse, mais lorsqu’il me demandait ce que je voulais, je ne me souviens pas qu’il m’ait refusé quoi que ce soit. Je garde de précieux souvenirs dans nos « voyages » en bateau. Ils sont dans les plus beaux moments passés dans ma jeunesse.


Je me rappellerai toujours aussi lorsqu’il était venu rester chez moi lors de la crise du verglas en 1998. Il avait une panne d’électricité majeure où il demeurait, ce qui fait en sorte que nous l’avions hébergé. J’étais le petit garçon le plus heureux au monde de savoir que grand-papa bateau viendrait passer deux semaines à la maison et que je n’avais pas d’école en plus !


Finalement, ce que je me souviens le plus, ce sont les fins de semaines que j’allais passer avec lui à son appartement. Il venait me chercher le vendredi en fin d’après-midi, nous allions faire une petite épicerie à un endroit qui se nomme Tony dépanneur à Saint-Léonard, car c’était près de chez moi. Mon grand-père avait également habité quelques temps à Saint-Léonard et c’était son endroit de prédilection. Par la suite, nous partions en direction de Saint-Jean-sur-Richelieu où mon grand-père habitait. Souvent, nous arrêtions manger en quelque part et une fois arrivé chez lui, nous discutions ensemble, on jouait à un jeu et nous allions nous coucher. Le samedi commençait avec un bon déjeuner et nous allions souvent faire une petite séance de magasinage. Par la suite, il allait faire une petite sieste pendant que je m’occupais seul et c’était la préparation du souper. Enfin, le moment que j’adorais le plus, c’était de regarder la soirée du hockey avec lui le samedi soir. Une fois arrivé au dimanche, c’était une journée plus calme, car je partais tôt de chez lui pour arriver chez moi en début d’après-midi.


J’ai une panoplie de moments savoureux avec lui et je n’oublierai jamais sa grande générosité à mon égard et la façon dont il riait. Il me manque profondément et je pense souvent à lui. Je t’aime grand-papa bateau.


Comme vous pouvez le constater, mes grands-pères ont été des hommes importants et présents dans ma vie. Je suis nostalgique des moments passés avec eux. Je souhaiterais tellement qu’il voit l’homme que je suis devenu et ce que j’ai réussi à accomplir. Je ne sais pas ce que je donnerais pour passer un dernier moment à leur côté pour simplement discuter de la vie avec eux.


Je terminerais en vous disant que si vous avez encore la chance d’avoir vos grands-parents présents dans vos vies, prenez du temps avec eux, ce que j’ai peut-être négligé vers la fin de la vie de mes grands-parents. Parfois, lorsque nous sommes adolescents, nos priorités changent, mais la famille restera toujours. Pour vos grands-parents, le simple fait de vous voir, ferons leur journée. Alors, après cette foutu pandémie, empressez-vous d’aller les voir et de passer du temps avec eux.