J’ai beaucoup hésité avant d’écrire ce texte. Tout d’abord, je voulais écrire un texte sur l’année 2020, mais je me suis dit dans ma tête : « quel manque d’originalité » ! Je n’ai pas besoin de vous faire de rappel, les médias s’en occuperont. Il n’y a rien que vous auriez appris. Je n’ai pas la prétention de penser que je vais vous apprendre quoi que ce soit avec le texte suivant non plus. Je veux simplement vous livrer le fond de ma pensée, de manière nuancée évidemment.


Si vous suivez l’actualité, vous avez probablement sourcillé ou peut-être déchiré votre chemise en apprenant le dénouement du procès pour agression sexuelle de Gilbert Rozon. Bon, je ne ferai pas une critique du système de justice, car ce n’est pas où je veux en venir. Je vais me contenter de dire cela. Est-ce que la présomption d’innocence, selon la loi a été respectée ? Sans équivoque ! Est-ce que justice a été rendue ? Permettez-moi fortement d’en douter ! Je m’arrête ici.


Le combat que les filles, que les femmes mènent au niveau des dénonciations est fortement documenté et médiatisé depuis les dernières années. Avec raison ! Pensez-vous que les filles victimes d’agressions sexuelles ou qui connaissent d’autres filles qui ont subi ce traumatisme croient au système de justice au Québec en ce moment ? Poser la question, c’est y répondre. Pensez-vous que les filles sont à l’aise de se confier à un homme lorsque vient le moment de dénoncer ? Allez leur demander ! Je ne suis pas tout à fait d’accord non plus avec le nouveau tribunal des réseaux sociaux avec une page du type Les Hyènes en jupons : «  https://www.journaldemontreal.com/2020/07/21/la-page-hyenes-en-jupons-se-retire-a-la-suite-dallegations-de-menace », mais quand j’y pense, qu’est-ce qu’il reste à nos filles ?


Ce sont nos filles, nos adolescentes, nos sœurs, nos cousines, nos mères, nos grands-mères qui se sentent constamment rejetées par le processus judiciaire lourd, par le questionnement de leur sincérité, par leur manque de preuves, par manque d’empathie et j’en passe. Ce n’est pas moi qui le dit, allez leur demander ! Il serait grand temps qu’un système alternatif à celui que l’on connaît au niveau de la justice soit mis en place. Un système qui par exemple, offrirait un réel appui aux victimes, une réelle écoute, de voir ce qu’elles désirent en bout de ligne. Ce n’est pas toutes les femmes victimes d’agressions sexuelles qui souhaitent uniquement voir leur agresseur croupir en prison. Plusieurs de celles-ci souhaiteraient que la personne qui a commis ce geste irréparable à leur endroit, le reconnaisse, tout simplement !


Bien évidemment, cela ne réparerait pas la blessure profonde, le tort causé pour toute une vie, mais à quel point cela peut être soulageant pour nos filles de l’entendre de la bouche de la personne fautive. Bref, comme je l’ai déjà écrit ici : « https://collegedanjou.qc.ca/journal-cda/2020/11/16/une-vision-parmi-tant-dautres/ » j’ai parfois une vision trop utopique de la vie. Pour qu’un système de cette nature existe, il faut d’abord et avant tout que le coupable l’avoue et celui-ci, est plus souvent qu’autrement un homme. Je dis cela, mais il faudrait également, jusqu’à une certaine mesure, en fonction du contexte et des circonstances, qu’il y ait une certaine place à un pardon. Ma vision de ce système alternatif est nullement possible s’il n’y a pas de place à la médiation.


C’est bien beau tout cela, mais il faut éduquer nos garçons d’aujourd’hui, nos hommes de demain. Les éduquer ne veut pas dire les enfermer en éternel potentiel prédateur sexuel ou encore de ne laisser place à aucune erreur. Cela veut dire d’apprendre aux gars, dès un jeune âge à se comporter avec respect et dignité envers les filles. Il n’y a pas que l’éducation à la sexualité à enseigner, mais aussi les habiletés sociales de base, les comportements à adopter dans une relation gars-filles, les habiletés au niveau de l’écoute et de la communication sont tous des concepts qui mériteraient davantage d’enseignement.


Je ne sais pas si le combat à mener pour que les femmes se sentent mieux au sein de notre société passe par une langue française remaniée, qui est déjà fortement écorchée ou encore par le fait de porter une jupe par solidarité étant un homme. Cependant, je me ferai un devoir pour le restant de mes jours de mieux vous écouter, d’être plus empathique à votre réalité, de vous traiter avec autant de respect que les hommes et de vous offrir un appui de meilleure qualité. Je ne serai certainement pas parfait. Nous ne serons sûrement pas en accord sur certains points, mais je serai là pour vous et je tenterai de convaincre les garçons, les hommes de mon entourage, d’adopter la même philosophie. Les filles, ne lâchez pas !