Il y a 2,5 millions d’années, le premier homme apparaît sur la Terre. Par la suite, il y a 1,8 million d’années, c’est l’homo erectus qui fait son entrée. 


Plusieurs autres espèces de l’homme sont apparues par la suite. Finalement, notre espèce est apparue, il y a 200 000 années en tant qu’homo sapiens. De toutes les différentes espèces de l’homme, jamais aucun humain n’a eu peur, jamais il n’a été stressé. 


Le stress est vieux, plus vieux que nous pourrions le penser. En effet, depuis que le premier homme ou que la première femme est apparue, le stress a fait son entrée également. 


Même autrefois, il rongeait l’esprit de ces personnes.


 Sauf que, jadis, il était utile et même indispensable. Cela pourrait vous étonner, mais le stress est à la base là pour nous aider. Il est en quelque sorte notre meilleur ami! Ou alors, il l’était…


Je vais, pour vous l’expliquer, raconter « l’histoire » de la cohabitation de l’homme et du stress.:


« Il était une fois, un homme qui devait aller chasser le mammouth pour nourrir sa famille. Il n’avait pas d’autres options, car c’était une question de vie ou de mort. 


Soit il réussissait et assurait la survie de sa famille pendant quelque temps, soit il échouait et elle se trouvait dans la misère. L’homme se levait donc et allait chasser. Les risques étaient énormes, car le mammouth était imprévisible, dangereux et cent fois plus puissant. L’homme en était conscient et avait des réflexes de survie aiguisés. Il était stressé, sauf que cette désagréable sensation lui était vitale pour survivre, parce que s’il ne l’écoutait pas, il n’aurait pas de poussées d’adrénaline. En effet, pour survivre, le cœur battait plus vite pour que le sang arrive plus rapidement aux organes, les poils se hérissaient, sa température corporelle montait, les muscles devenaient tendus et la vigilance de l’homme en était d’autant plus affûtée, etc. »


Comme cette histoire nous le démontre si bien, l’homme avait besoin du stress, parce qu’en toute logique, si l’humain n’avait pas eu peur de mourir, il n’aurait pas été aux aguets durant la partie de chasse et n’aurait pas fui ou combattu. Donc, le stress lui était primordial. 


Ce que ce récit démontre, c’est que l’homme était dans un stress absolu, donc en danger de vie ou de mort. La question qu’il faut se poser, c’est: Est-ce que notre stress est absolu? Rencontrons-nous des mammouths à chaque coin de rue? Devons-nous chasser par nous-mêmes pour pouvoir manger? La réponse, c’est non. 


Effectivement, si nous stressons pour un examen, pour une rencontre importante ou bien pour notre image sociale, ce n’est pas un stress absolu. Nous ne sommes pas en danger physiquement. Cependant, ce stress a bel et bien un nom, le stress relatif.


 Ce que cela veut dire, c’est que toutes nos inquiétudes se déroulent dans notre tête. En d’autres mots, nous créons notre propre stress.


 Nous sommes notre propre menace.


La raison scientifique de ce phénomène est assez absurde. En effet, l’homme ayant évolué à une vitesse surprenante a fait de grands progrès. Sauf que le stress, lui, non. Il n’a pas évolué comme nous.


 C’est pour cette raison que lorsque nous avons une évaluation à laquelle nous ne sommes pas bien préparés, notre cerveau s’imagine que nous sommes en danger absolu et réagit par des réflexes exagérés. Si on y pense bien, est-ce que cela vous arrive de vouloir vous réfugier dans le confort de votre foyer et de manquer votre examen? 


Si oui, c’est normal parce que votre cerveau a choisi de fuir la situation. D’autres fois, vous voulez frapper quelque chose même si ce n’est pas normalement dans votre attitude. 


Votre cerveau a décidé d’attaquer la situation. Bien entendu, ce ne sont pas les bons gestes pour apaiser vos émotions, mais parfois, c’est plus fort que nous.


Il arrive que des personnes pleurent quand elles sont stressées, même si elles savent que ça ne changera rien. C’est plus fort qu’elles. 


Sonia Lupien, chercheuse en neurosciences spécialisée en stress, a fait des recherches pour savoir pourquoi nous sommes stressés dans une situation plutôt qu’une autre. 


Quels sont les facteurs qui font que nous sommes stressés?


 En approfondissant ses recherches, elle a découvert que pour toutes les sortes de stress, mais surtout pour le stress relatif, il en existe 4 grands. Pour que ce soit plus facile à retenir, Mme Lupien a créé un acronyme; C.I.N.É. Chaque lettre signifie quelque chose qui pourrait faire en sorte que vous stressiez. 


Le « C » veut dire « contrôle faible ». 


Donc, quand vous n’avez pas de contrôle sur quelque chose, comme sur le contenu d’un examen, il y a de fortes chances que vous stressiez. 


Deuxièmement, le « I » veut dire « imprévisibilité ».


C’est-à-dire que nous ne pouvons pas prévoir ce qu’il va se passer. Encore avec l’exemple de l’examen, vous ne pouvez pas vous préparer en fonction des questions exactes, parce que vous ne pouvez pas le prévoir. 


En troisième lieu, le « N » signifie « nouveauté ». 


Donc, tout ce qui touche ce que vous ne connaissez pas vraiment. Par exemple, quand vous essayez quelque chose de nouveau, vous ne pouvez pas connaître tout ce qu’il va se passer. 


Ainsi, certaines personnes ont peur du changement. 


Finalement, le « É » fait référence à l’« égo menacé ». 


C’est le fait de se comparer aux autres, la peur que quelqu’un soit meilleur que nous. C’est souvent le critère qui nous pèse le plus. En effet, il est toujours là. Sur les réseaux sociaux, pendant une présentation orale ou des conférences ou bien lors des examens. L’égo est notre pire ennemi, parce que c’est ce dont nous nous préoccupons le plus, tandis que c’est le moins important. 


Si nous prenons comme exemple la pandémie actuelle, beaucoup de facteurs sont présents. En effet, nous n’avons pas de contrôle sur le virus, c’est imprévisible, c’est nouveau et pour certains cas, l’égo est menacé. Il est donc tout à fait normal que nous soyons stressés que nos proches le soient. Parce que toutes les personnes sont différentes, tout le monde réagit d’une façon différente. 


Ici, je veux juste rappeler qu’il faut être compréhensif avec les autres, même si leurs décisions ne sont pas les meilleures à notre point de vue.


De plus, quand tout devient menaçant, nous parlons de l’anxiété et, à partir de ce moment, c’est beaucoup plus difficile de ne plus en être victime.


Toutefois, il existe des moyens pour prendre « soin de son mental ». Premièrement, vous pouvez déconstruire votre stress. Pour ce faire, vous devez vous poser des questions pour découvrir quelle est la cause de votre angoisse. Vous pourriez, par exemple, vous demander si votre réaction est appropriée ou encore quelle est l’importance que cette situation a dans votre vie. Si elle est minime, comme un mini-test qui compte pour 5% de votre bulletin de première étape, vous n’avez pas besoin de vous inquiéter autant. 


Attention, cela ne veut pas dire de ne pas se forcer, seulement que le stress que vous vivez est excessif et que vous ne devriez pas paniquer. Si vous analysez votre stress ainsi, une bonne partie sera réglée si ce n’est pas complètement. 


Une autre option serait aussi d’établir la résilience. La définition (sur le plan psychologique) d’« établir la résilience » se résume à une « aptitude à affronter ou à résoudre un stress intense et à s’y adapter ». En d’autres mots, si l’on veut établir la résilience, on veut soit combattre, soit fuir/éviter le stress.


Pour combattre par exemple la peur de l’avion, il faudrait y aller plusieurs fois jusqu’à ce que l’on soit rassuré, ou que l’on ait appris à se contrôler. 


Toutefois, ce n’est pas tout le monde qui a la force, les moyens ou encore l’occasion de le faire. Dans ces cas-là, une option serait d’éviter le stress, de se créer un « plan B ». Par exemple, si on continue avec la peur de l’avion, nous pourrions aller à la destination choisie en bateau ou en automobile. 


Finalement, une technique qui est souvent recommandée en cas de stress immédiat, c’est celle qui est la plus simple, celle de se changer les idées.


Que ce soit de pratiquer des techniques de respiration, de jouer des instruments, de bouger, de chanter ou encore de mâcher de la gomme, se changer les idées ne sert non seulement à se calmer, mais aussi à rééquilibrer l’activité cérébrale. En effet, des études ont prouvé que notre cerveau est habitué de faire des tâches différentes en même temps. Par exemple, nous sommes tous capables de marcher (activité physique) et de parler (activité cérébrale). Lorsque nous faisons un examen, nous réfléchissons plus que d’autre chose. C’est pour cette raison que si vous voulez vous changer les idées, mâcher une gomme, une activité moyennement physique, sépare votre cerveau en deux parties occupées. Vous n’aurez donc presque plus de place pour stresser autant. 


Votre concentration sera donc beaucoup plus aisée.


Bref, vous avez pu dans cet article découvrir pourquoi le stress fait encore partie de notre vie. Je voudrais maintenant vous démontrer plus profondément l’évolution de notre stress.


En effet, comme vous le savez déjà, à l’époque des mammouths, la survie était le principal souci de nos ancêtres. Par la suite, il y a eu les rois qui devaient mener des guerres et sauver leur comté. Bref, selon les normes des différentes décennies, le stress « général » évolue également. Par exemple, aujourd’hui c’est surtout notre image sociale dont on se soucie. En effet, plusieurs études ont prouvé que le stress est plus intense chez les jeunes ou les adultes qui ont plus d’abonnés que ceux qui ont seulement des amis de confiance dans leur compte Instagram, Tik Tok, Facebook, Twitter, Snapchat, Youtube, etc. 


Pensez-vous vraiment que les célébrités ne vivent pas de stress ou d’anxiété quand ils savent que chacun de leurs faits et gestes sera analysé et publié dans plusieurs magazines à travers le monde?


Il est presque certain que oui. La société nous dicte toujours de ne pas nous fier à la beauté extérieure, mais pourtant, c’est ce que l’on fait en permanence. Sinon, pourquoi la majorité des femmes se maquillent-elles? L’image est devenue quelque chose qui nous rabaisse la plupart du temps. Et pourtant, elle continue d’être de plus en plus présente dans notre vie et nous la laissons faire, même au point où nous l’encourageons. Une fois de plus, nous sommes notre propre menace. 


Comme vous l’aurez remarqué dans cet article, l’homme a vécu plusieurs époques qui ont déterminé les personnes que nous sommes aujourd’hui. Comme nous en savons plus sur les maladies, nous pouvons maintenant les éviter. Comme vous en savez maintenant plus sur le stress, peut-être vous paraîtra-t-il moins menaçant ou que vous saurez-vous contrôler?


« Le savoir, c’est le pouvoir. »


Dan Abnett


Alice Fortin 

Élève de 1re secondaire 

Collège d’Anjou