Récemment, j’ai lu la pièce de théâtre, Antigone. Pour être bien honnête, je n’ai pas très bien compris à ma première lecture, mais je n’ai pas baissé les bras. J’ai fait des recherches, car j’étais bien déterminée à comprendre et j’ai découvert un lot d’informations que j’ai trouvé passionnantes. Je me suis donc mise en quête de vulgariser ces informations et de vous partager mes analyses faites sur la morale d’Antigone.


Pour commencer, l’histoire a été écrite par Sophocle, un homme politique important de la Grèce antique, en -441 dans le contexte de fêtes nommées dionysies. Durant 4 ou 5 jours, les habitants avaient congé et se réunissaient tous ensemble pour boire du vin (d’où le nom de la fête, car dans la mythologie grecque, Dionysos est le dieu du vin) et écouter des pièces de théâtre. Ces fêtes étaient, en d’autres mots, un concours, car le peuple élisait une tragédie, ainsi qu’une comédie gagnante. Antigone, en -441, fut la pièce tragique gagnante.


Pour continuer, l’histoire d’Œdipe est, selon moi, un point important pour comprendre l’histoire d’Antigone. Œdipe est né à Thèbes de ses parents biologiques : Laïos et Jocaste (Le roi et la reine de Thèbes). Dans la Grèce antique, il était très fréquent d’aller consulter un devin dans différents moments de sa vie pour connaître son futur. Laïos et Jocaste allèrent donc voir un devin pour connaître l’avenir de leur fils. Le devin prédit qu’Œdipe allait tuer son père et commettre un inceste. Ils envoyèrent donc Œdipe dans une autre ville nommée Corinthe. Il vécut là-bas jusqu’à son adolescence, car il apprit l’oracle prédit par le devin et décida de s’en aller du village parce qu’il ne savait pas que ses parents adoptifs à Corinthe n’étaient pas ses vrais parents. Il marcha vers Thèbes et en chemin, tua un marchand, puis continua sa route vers Thèbes. Arrivé en ville, il constata bien vite que le peuple était menacé par le Sphinx. Pour éliminer cette menace, un homme devait résoudre une énigme et le Sphinx mourrait.  En guise de remerciements, le peuple éluerait cet homme roi, car le précédent venait de mourir, assassiné. Œdipe s’essaya, réussit l’énigme et fut couronné roi de la ville de Thèbes. Il fut marié avec la reine et eurent 4 enfants ensemble : Étéocle, Polynice, Ismène et la fameuse Antigone. À ce moment, une épidémie de peste s’abattit sur la ville et, ne sachant quoi faire, Œdipe alla voir le devin. Il apprit malheureusement qu’il avait bel et bien commis l’oracle. Le marchand qu’il avait tué sur la route était en fait son père et la femme avec qui il s’était marié et avait eu des enfants était donc sa mère.  N’étant capable de supporter cette honte, il se creva les deux yeux et parti mendier, avec Antigone comme guide, jusqu’à la fin de sa vie.


Suite à la mort d’Œdipe, il fallait bien évidemment un roi pour combler le trône de Thèbes. La descendance revenait soit à Étéocle ou Polynice. Ils s’entendirent de gouverner une année sur deux…Mais ça ne leur convenait pas, car ils voulaient tous les deux l’exclusivité. Ils se battirent tous les deux et moururent de trop grandes blessures. Entre-temps, le peuple découvrit que lorsqu’Œdipe gouvernait, Polynice avait prévu de tuer son père pour prendre le trône, mais ne put accomplir son plan avant qu’il apprenne qu’il avait accompli l’oracle. Celui qui prit le trône fut Créon, l’oncle d’Œdipe. Étéocle eut droit à des funérailles dignes de ce nom, tandis que Polynice fut exposé sur une colline loin de Thèbes, directement sur le sol à moisir au soleil, comme punition.  Si une personne a le malheur de vouloir enterrer Polynice, elle sera tué à son tour. Antigone revint à Thèbes suite à la mort d’Œdipe, apprenant la mort de ses frères; Et c’est ainsi qu’Antigone commence.


Antigone est prise dans un dilemme moral : Doit-elle aller enterrer son frère et mourir ou respecter la loi?


Dans la version de Sophocle, Antigone ressent le besoin d’aller enterrer son frère, car l’avenir post-motel de Polynice revient aux dieux. En effet, dans la Grèce Antique, le pouvoir suprême revenait aux dieux et le roi devait aligner ses décisions sur eux. Selon Antigone, Créon n’avait aucune raison de punir Polynice de cette manière, car la décision revenait aux dieux.


Une autre version a été écrite par Jean Anouilh en 1944. L’histoire se situe encore en Grèce antique, à Thèbes, et est beaucoup inspirée de celle de Sophocle. Seulement, Antigone est un peu plus floue sur les raisons d’aller enterrer son frère. De ce que j’ai compris, Antigone le fait par devoir familial.


Certes la genèse est bien intéressante derrière cette histoire, mais qu’est-ce que cela représente? Durant la centaine de pages du dialogue entre Créon et Antigone, ils représentent respectivement la loi et le devoir intérieur. Cela fait de la lumière sur l’opposition qui peut exister entre la Cité et la loi morale des individus. En effet, chacune des versions a été écrite durant des guerres : la guerre du Péloponnèse pour Sophocle et la deuxième guerre mondiale pour Anouilh.


J’aimerais aussi présenter un aspect intéressant d’Antigone qui est une sorte de revendication féministe. Il faut d’abord savoir que les femmes en Grèce Antique étaient quasiment considérées comme des animaux. Leurs seuls rôles étaient de faire des enfants et de gérer la maison. Elles n’avaient pas le droit de recevoir une éducation et encore moins de revendiquer leurs droits. Ce fut donc une grande surprise que la pièce aborde un sujet aussi frappant. Le roi dans la Grèce antique était un homme gros et le fait qu’il se fasse remettre à sa place par une jeune fille à l’allure innocente n’était pas considéré comme la crainte du pouvoir, mais bien de l’audace féminine.


En bref, Antigone est une pièce bourrée d’histoire que j’ai trouvée fort intéressante malgré mon incompréhension lors de ma première lecture. Après tout, elle sera toujours d’actualité n’est-ce pas? Je veux dire qu’est ce qui dit que la loi est bonne si elle est opposée à nos valeurs morales?