Nous sommes tous différents. Bien que cette différence soit davantage marquée chez certains, en aucun temps elle devrait être la source d’intimidation, de violence, d’exclusion ou de discrimination selon la race, l’orientation sexuelle, l’identité sexuelle, l’homophobie, un handicap ou une caractéristique physique. C’est en partie ce qui est décrit dans la loi n°56 visant à combattre l’intimidation et la violence à l’école.


Le 11 novembre dernier avait lieu la Journée de Sensibilisation à la Différence au collège. Les jeunes de 1re secondaire ont eu la chance de rencontrer 3 conférenciers qui les ont entretenus sur leur différence, sur leur façon de faire face aux défis de la vie, sur l’intimidation dont plusieurs ont été victimes, sur l’exclusion qu’ils ont vécue et sur ce qu’ils subissent continuellement en tant que personne ne cadrant pas dans le moule de la majorité.


Les 5 groupes de 1re secondaire ont assisté à 3 des 4 conférences offertes: Anny Berthiaume, une grande brûlée; Édith Bernier, la fondatrice de Grossophobie.ca, premier site de référence québécois sur la grossophobie et la discrimination envers les personnes grosses ; Guillaume-Aragon Lafrance, un jeune adulte atteint de schizophrénie ; 2 équipes du GRIS Montréal, un organisme œuvrant dans le but de démystifier les orientations sexuelles et les identités de genres.


Les jeunes ont assisté aux témoignages et ont pu réaliser à quel point il n’est pas facile de faire face aux commentaires blessants, aux regards offensants et aux stéréotypes humiliants à tous les jours. Ils ont été sensibilisés et surtout touchés par tous les conférenciers. Le même jour, en après-midi, ils ont pu leur répondre en écrivant une lettre lors d’un projet d’écriture en classe de français. Plus de 80 de ces touchantes lettres ont été envoyées aux conférenciers concernés. 


C’est en 2012 que l’Assemblée nationale a adopté la loi visant à prévenir et à combattre l’intimidation et la violence à l’école, la loi n°56. Depuis, de nombreux jeunes ont continué de se faire intimider et, par conséquent, de vivre de l’anxiété. Certains ont manifesté des signes inquiétants de dépression, d’autres ont songé au suicide et quelques-uns sont même passés à l’acte afin de mettre fin à leurs souffrances. Malgré cette loi °56, plusieurs jeunes intimidateurs continuent de sévir dans de nombreux milieux scolaires. Nous croyons qu’une journée remplie de témoignages comme celle vécue par nos jeunes pourra leur permettre de réaliser à quel point les paroles et gestes posés ont des répercussions majeures dans la vie d’une personne. Et c’est ce que nous souhaitons à chaque année quand nous accueillons nos sympathiques conférenciers.


Patrick Chartrand