La langue est un moyen d’expression incroyable. Chaque mot a sa place et son identité. Le dialecte de notre province décrit notre culture et, sans s’en rendre compte, est influencé par l’histoire de notre province et la détermination de nos ancêtres pour le garder vivant. Pour ma part, je m’identifie en tant que québécoise et j’en suis immensément fière. J’ai eu envie d’écrire cette chronique sur l’histoire de la langue française au Québec pour illustrer tous les progrès faits pour mettre notre belle langue en valeur au cours de l’histoire et rendre ce sujet moins académique que dans les cours d’histoire de monsieur Lacoste et de monsieur Desjardins !


Chaque histoire a un début et la nôtre se situe en Nouvelle-France avec la fondation de la ville de Québec, par Champlain. (Québec, à la base « kebec », signifie « là où le fleuve se rétrécit » en langue algonquin.) En 1670, les habitants de ce territoire, qui se considéraient jusqu’à date comme français, se donnèrent une nouvelle identité canadienne-française. Tout allait pour le mieux jusqu’à la capitulation de la Nouvelle-France aux mains des Britanniques, qui fut renommée Province of Quebec et dont la langue officielle fut la langue anglaise. C’est à ce moment que la distinction entre le Canada-français et le Canada-anglais commença à être évidente dans l’histoire. Autant dans la culture que le territoire, le Canada fut sectionné en deux lors de l’acte constitutionnel. Malgré la reconnaissance de la langue française par le pouvoir et le bilinguisme à la Chambre d’assemblée, le français était souvent remis en cause par les anglophones, qui étaient majoritaires à cette époque. Sous le contrôle des Britanniques, les Canadiens-français n’étaient ni avantagés, ni égaux. C’est ce que démontre le Rapport Durham et l’Acte d’Union, ce qui est suivi par l’exode de plusieurs Canadiens-français aux États-Unis. En 1864, Québec devint la pierre d’assise de la francophonie au Canada, car toutes les autres provinces fermaient leurs écoles francophones, ou ne reconnaissaient même pas la minorité canadienne-française.


Maintenant, jasons culture québécoise ! En 1895, il y eut la création de l’École littéraire de Montréal. C’était une association d’hommes voulant moderniser la littérature québécoise. Le plus célèbre des membres fut Émile Nelligan, un poète montréalais. Un gros tournant dans la culture québécoise fut l’arrivée de CKAC, le premier poste de radio uniquement francophone. Le seul divertissement dans le temps était la radio. C’était un rassemblement familial à chaque jour ! La raison pour laquelle cela était aussi populaire est que personne n’avait besoin de savoir lire pour écouter la radio et que tous les postes étaient, à ce jour, anglophones. Un autre aspect important de la culture québécoise est la musique ! Je suis certaine que vous connaissez au moins un artiste entre La Bolduc, Félix Leclerc, Michel Louvain ou encore Jean-Pierre Ferland ! Dans les années 50, la première chaîne télévisée francophone, « Radio-Canada », fit son apparition ainsi que l’ONF (Office national du film), qui vint s’installer à Montréal.


Le joual a longtemps été une honte pour les Canadiens-français, qui se définirent québécois à partir de 1967 (enfin !). C’est ce que dénonçait Jean-Paul Desbiens dans Les Insolences du Frère Untel. Les québécois parlaient donc un français « international » en public et le joual en privé. D’ailleurs, les premières apparitions publiques de cette manière de parler se fit dans un spectacle nommé L’Osstidcho, ainsi que dans la pièce de théâtre Les Belles-sœurs, écrite par le célèbre dramaturge québécois, Michel Tremblay.  Les québécois réalisèrent donc que le joual faisait partie de leur culture et qu’il était légitime de l’utiliser.


Pour continuer, revenons du côté législatif du Québec dans les années 70 avec deux lois qui ont fortement fait progresser la langue française dans notre province. Premièrement, la loi 22 qui a été appliquée en 1974 sous le gouvernement Bourassa, fait du français la langue de l’administration, des services et du travail. Par ailleurs, elle oblige aussi les commerces à avoir un nom de boutique francophone. Par exemple, pour les multinationales suivantes : (Staples devient Bureau en Gros, Starbucks Coffee devient simplement Starbucks, Shoppers Drug Mart devient Pharmaprix, etc). Deuxièmement, la loi 101, adoptée en 1977 sous le gouvernement Lévesque, fait de la langue française, la langue officielle de la province, dans toutes les sphères.


En sachant l’histoire de la langue française au Québec, nous pouvons nous demander ce qui nous définit, d’où viennent nos différences linguistiques des habitants de la Nouvelle-France ? Selon moi, nous avons certaines touches d’anglais dans notre vocabulaire, car le Canada (dont le Québec), a été sous emprise britannique durant de nombreuses années. De plus, les États-Unis sont nos voisins donc cela impacte certainement notre langage. Par contre, nous n’avons pas les mêmes anglicismes que d’autres pays francophones, comme la France. De plus, comme dans la majorité des autres langues, notre langue parlée n’est pas la même que notre langue écrite. Au Québec, environ 95 % des gens comprennent le français, ce qui est énorme ! Malgré tout, il ne faut pas se référer à Montréal tout le temps, car c’est une ville cosmopolite, tandis que presque toutes les autres régions du Québec sont entièrement francophones. Par ailleurs, la phonétique change d’une région à l’autre. C’est ce qu’on appelle des « paliers linguistiques ».


Pour conclure, notre évolution linguistique est riche en histoire et je crois sincèrement qu’il faut continuer de la mettre en valeur, notre belle langue française. Ce serait dommage d’abandonner après tant d’acharnement !


Sources:

Merci à M.Lacoste pour son aide!

https://www.axl.cefan.ulaval.ca/francophonie/histfrnqc.htm

https://www.je-parle-quebecois.com/videos/extrait-film-serie/lhistoire-de-la-langue-francaise-au-quebec.html

https://mcc.gouv.qc.ca/fileadmin/documents/publications/spl/400ans_quelquesreperes2.pdf