D’entrée de jeu, je suis d’accord pour dire qu’il est important dans plusieurs moments de notre vie de faire bonne impression. Quel que soit le contexte, nous avons tendance à vouloir nous montrer à notre meilleur, à faire valoir nos compétences auprès des autres. Beaucoup d’entre nous prenne cette habitude lorsqu’il rencontre de nouvelles personnes, en début de relation ou encore dans une situation où il est avantageux de faire une « bonne première impression ». Par exemple, lorsque nous voulons intégrer un cercle d’amis, dans une première « date » ou encore pour l’obtention d’un emploi. C’est ici où bonne et première impression entre en lien. C’est aussi à ce moment que je me pose la question suivante : Accordons-nous trop d’importance à la première impression que l’on se fait des gens que nous rencontrons ? Je réponds oui à cette question. J’irais même plus loin en affirmant que je crois que l’opinion que l’on se fait d’une personne en se basant sur notre première impression est souvent erronée.


Bien évidemment, nous pouvons déjà se faire une idée en fonction de quelques critères lors d’une première rencontre. L’hygiène, la tenue vestimentaire, le langage utilisé dans la discussion et le langage non verbal, sont quelques-uns de ces critères qui peuvent être analysés assez rapidement lors d’une impression initiale. Certains dirons que ces éléments peuvent déjà en dire long sur une personne, moi je dis que nos premières impressions sont souvent biaisées et qu’il faut faire attention à nos jugements. Prenons l’exemple d’un employeur dans le milieu des finances qui passe en entrevue deux femmes pour le poste à combler de cadre. La première candidate est élégante tant dans son habillement, que dans la façon dont elle se présente et le parfum qu’elle a mis ce matin semble avoir enivré toutes les personnes qu’elle a croisées à son arrivée dans la tour à bureau, y compris son potentiel futur employeur. Durant son entrevue, elle démontre une nervosité qui semblait avoir échappé aux premiers coups d’œil, mais elle répond quand même avec aplomb aux questions. Celle-ci vend sa candidature en se décrivant comme une meneuse née, une personne minutieuse dans la tenue de ses dossiers et qui aurait le souci de chacun des membres de son équipe si elle obtenait le poste. La deuxième candidate a également une tenue appropriée, mais semble être plus désinvolte au niveau de sa présentation. Cette dernière est moins maquillée, sa chevelure semble s’être battue avec le peigne ce matin et bien qu’elle ne dégage pas une odeur désagréable, elle ne se démarque pas comme son adversaire. De plus, son avant-bras aborde un tattoo discret, mais que l’employeur s’empresse de remarquer. La candidate deux est un peu maladroite dans sa manière de se présenter, mais cela lui donne un charme. Durant l’entrevue, il n’y a aucune hésitation de sa part dans ses réponses. Elle est humble dans les qualités qu’elle prétend posséder pour le poste, se décrivant comme une meneuse silencieuse, mais qui dirige comme dans une « main de fer dans un gant de velours ». Une fois le processus terminé, le choix s’arrête sur la première candidate.  Dans la discussion finale, l’équipe responsable de l’entrevue s’accorde pour dire que les réponses de la candidate deux étaient meilleures, mais que l’image qu’elle dégageait correspondait moins à celle de l’entreprise. Ils considèrent que les réponses dans la candidate initiale étaient suffisantes en plus d’avoir l’image recherchée. Finalement, après une année en poste, l’employeur un peu stupéfait apprend qu’il est encore difficile pour la candidate retenue de s’intégrer à son équipe de travail. Elle est décrite comme une personne froide, difficile d’approche et qui gère ses dossiers en tournant les coins ronds. La leçon à retenir dans cette fable est pour moi évidente et elle peut s’appliquer dans d’autres contextes que celui que j’ai choisi de décrire. Une première impression restera toujours subjective et n’a pas une grande valeur tant que nous n’apprenons pas à connaître une personne pour ce qu’elle est vraiment. L’histoire ne dit pas si la deuxième candidate aurait fait un meilleur travail. En revanche, elle n’a pas eu l’emploi à cause de son image plutôt qu’aux compétences qu’elle semblait posséder alors que l’autre l’a surpassée par sa prestance, par son image rassurante pour la compagnie. Les qualités avancées en entrevue n’était qu’au fond le reflet de ce qu’elle aurait vraiment voulue être comme dirigeante.


J’insiste sur le fait d’apprendre à connaître les gens au lieu de se fier à nos premières impressions. Bien sûr, il ne s’agit pas d’entrer en relation avec toutes les personnes que nous croiserons dans notre vie.  Or, j’estime que si nous fréquentons régulièrement des gens dans nos différents milieux de vie et que nous nous permettons de les juger en fonction de nos premières impressions, peut-être qu’il serait temps d’inverser notre réflexe. Cela implique de s’investir réellement dans la connaissance de l’autre pour mieux le comprendre. Il est surprenant à quel point l’on peut se tromper sur nos idées de départ quand on fait l’exercice d’apprendre à connaître les autres. Nous avons tous jugé quelqu’un à tort dans notre vie de manière positive ou négative en se fiant à nos premières intuitions. C’est normal, c’est un réflexe humain de le faire. Rappelons-nous que derrière une personne itinérante, il y a une histoire que l’on ne connaît pas et que nous ne pouvons tenir pour acquis que nos premières impressions sont des faits que l’on peut automatiquement associer à sa réalité. Retournons à nos premières amitiés, à une soirée de « dating », à une entrevue pour un emploi. Quel est l’objectif premier de ces contextes ? Je crois que c’est justement de faire une bonne première impression, de plaire, de se faire aimer, de se faire valoir pour que les gens aient justement une bonne première idée de nous. Sommes-nous vraiment authentique dans ces moments ? Je pense qu’il y a une partie que oui, mais nous voulons surtout nous protéger d’être vulnérable, de démontrer nos faiblesses, de garder une certaine porte fermée sur notre vie.


Pourtant, c’est cela être humain. Les bons et les moins côtés. Les forces et les vulnérabilités. C’est d’accepter que nous ne sommes pas tous pareils et que derrières les comportements sociaux d’une personne, il y a une réalité que l’on ne connaît pas et que nous continuerons d’ignorer si l’on se fie trop souvent à nos premières impressions.